Chapitre 4: Poignée cassée
-Oups,
gémis-je.
Pendant quelques instants, Bill regarda d'un air interdit la poignée qui se trouvait dans ma main.
Le calme avant la tempête.
-Dis-moi que je rêve.
Oh, mon dieu.
Cette voix si calme me fait aussi peur que si il m'aurait mis un couteau sous la gorge.
- Tu viens de casser la poignée?
Murmura-t-il, en espacant malheureusement chaque syllabe.
Je me ratatina sur place.
-Euh... Oui?
Finis-je par articuler.
- Gwen'...
Je suis censée repondre quoi, là?
- Gwen'... Tu as casser cette foutue poignée de cette foutue porte de salle de bain?!?
-Euh... Oui?
- Gwen', ça veut donc dire que nous sommes coincés tous les deux ici, que Gustav' dort pour un bon bout de temps, que Georg n'est pas venu avec nous hier soir, cela veut donc dire qu'il y a des chances minimes pour qu'il puisse venir nous aider, et que Tom, qui n'a pas eu son compte d'heures pas sommeil ne viendra évidemment pas nous aider...
- Euh... Oui?
C'est vrai, j'ai vraiment l'impression de me répéter, mais je peux vraiment dire que ça.
Il avait résumé parfaitement bien la situation.
Il s'asseya à terre, tout en soufflant fortement.
- Il nous reste plus qu'Emilie...
Je m'asseya à mon tour à terre, mit ma tête entre mes mains, et baragouina quelque chose d'imcompréhensible.
- Quoi?
- Quoi Quoi?
- Quoi?
Répéta-t-il.
- Ben, enfaite... Emilie est parti rejoindre le père de Gustav' pour quelques jours... Elle rentre dans une semaine.
Il posa à son tour sa tête entre ses mains.
- Ca y ai, c'est sûr, on a plus aucune chance.
-Mais non, dis pas ça,
esseyai-je de le réconforter.
- Comment ça, " je ne dis pas ça"?!? Mais c'est la VERITE!
- Gustav' va bien finir par se réveiller,
fis-je, esséyant de me convaincre moi-même par la même occasion.
- Non, non, et re-non!
S'enerva Bill.
- Bill, t'enerves pas, fis-je,
d'une voix douce.
Il s'arrêta aussitôt.
Le pire dans tout ça, c'est que la salle de bain est vraiment petite.
Dans notr' précipitation, j'avais choisie celle la plus petite, et Bill n'avait même pas pensé qu'il y avait une autre salle de bain à l'étage, la mienne pas conséquent.
J'étais assise juste en face de Bill, et nos deux pieds nus se touchés.
Contact agréable.
GIFLE MENTALE.
NAN, MAIS CA VA BIEN, GWEN'!
J'crois qu'on a du rester au moins une heure comme ça, sans bouger, en attendons que Gustav' se leve pour venir nous faire sortir d'ici.
Ce fut Bill qui brisa le silence en premier, après deux heures d'attente.
Sa voix était vraiment caverneuse, et ses yeux fuyaient les miens.
Je crois qu'il a vraiment mis longtemps à se décider à me poser cette question.
Une question que je me posai depuis que je connaissais Bill.
Et donc, cette question n'est que...
- Tu veux savoir pourquoi est-ce que j'étais si méchant avec toi, depuis le premier jour?